Giacometti, Entre tradition et avant-garde

La Fondation Giacometti et le Musée Maillol exposent jusqu’au 3 février 2019 une cinquantaine de sculptures ainsi qu’une sélection de peintures, esquisses, et photographies de l’artiste suisse Alberto Giacometti. Des œuvres qui cohabitent, le temps d’une exposition, avec près de 25 œuvres d’autres artistes tels Maillol, Rodin, Bourdelle ou encore Brancusi, Zadkine, Laurens. Des mises en regard emblématiques, symboliques, parfois même cubistes ou surréalistes.

iacometti est surtout connu pour ses sculptures fines et élancées, presque désincarnées, universellement particulières et singulières. Pourtant l’expo nous apprend qu’il explore d’autres arts, d’autres styles et qu’il maîtrise aussi parfaitement l’art figuratif, abstrait, classique, moderne. Il a surfé sur les courants artistiques de son temps sans jamais perdre sa signature artistique et unique.

La temporalité de l’exposition et les thèmes choisis nous permettent de suivre la progression de son oeuvre à travers les années, les rencontres, ses ateliers. Des photos et des vidéos nous immergent dans son processus créatif. Au contact de la matière, de la glaise qu’il manipule comme des corps organiques qui prennent vie sous nos yeux. La suite de l’exposition nous met face à l’oeuvre aboutie. On en voit les aspérités. Le souffle de vie.

La sculpture la plus emblématique de Giacometti L’Homme qui marche prend sa place dans la dernière salle de l’exposition qu’on visite à la dérobée avant de s’en aller, comme une pièce qu’on aurait presque pu rater. Posée là. A proximité de l’atelier du musée en sous-sol. Une pièce unique.

Des œuvres picturales aux sculptures, j’ai particulièrement aimé les éclairages. Soignés. Intimistes. Délicats. Justes. De mise en lumière en mise en abîme, j’ai adoré !

Pour aller plus loin, je vous conseille Giacometti, la rue d’un seul de Tahar Ben Jelloun qui propose une réflexion à partir d’une citation de Giacometti lui-même »Je veux des têtes vivantes, et d’en renverser le sens« .  Donner sens à l’homme qui marche, s’élance, jusqu’à disparaître dans La rue d’un seul où seules les sculptures de Giacometti peuvent passer.

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